Le Code national du bâtiment du Canada 2025 vise à prévenir l’exposition au radon dans les habitations neuves au pays.

Le radon constitue depuis plusieurs décennies l’un des risques les plus importants pour la santé publique au Canada, tout en demeurant l’un des moins connus du grand public. Deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme, et première cause chez les personnes qui n’ont jamais fumé, le radon serait responsable de plus de 26 000 nouveaux cas de cancer du poumon diagnostiqués au Canada entre 2019 et 2025. Pourtant, comme il est invisible, inodore et sans saveur, la plupart des gens ignorent s’ils y sont exposés dans leur propre maison.

La publication du Code national du bâtiment du Canada 2025 (CNB) marque une étape importante dans la réduction de l’exposition future au radon au Canada. Parmi les nombreuses mises à jour qu’il contient, le nouveau code fédéral exige désormais l’installation d’au moins une colonne verticale passive d’évacuation du radon dans les logements et les établissements de soins de type résidentiel, ce qui garantit que toutes les habitations nouvellement construites seront dotées de mesures de réduction du radon avant leur occupation.

D’une protection réactive à une protection proactive

Les éditions précédentes du Code national du bâtiment prévoyaient certaines mesures pour limiter l’infiltration des gaz du sol dans les bâtiments, mais elles ne traitaient pas directement du radon. Le CNB 2025 franchit un pas important en exigeant au minimum une colonne verticale passive d’évacuation du radon dans les nouvelles constructions résidentielles.

Une colonne passive d’évacuation du radon est un tuyau vertical qui part de sous les fondations de la maison et traverse le toit, créant ainsi une voie d’évacuation pour les gaz du sol. Le système est passif au départ, mais il peut facilement être converti en système actif d’atténuation du radon par l’ajout d’un ventilateur, si des tests révèlent plus tard des concentrations élevées. Notre équipe comprend également que les constructeurs ont la possibilité d’installer des systèmes actifs dès la construction, soit par le toit, soit par un mur latéral, comme cela se fait actuellement pour les systèmes d’atténuation installés après coup.

Ces changements proactifs marquent un virage important dans l’approche canadienne du radon : on ne se contente plus de réagir au problème une fois qu’il est découvert, on prépare plutôt les maisons pendant la construction pour que l’atténuation y soit entièrement intégrée ou qu’elle puisse être améliorée plus rapidement, plus efficacement et à moindre coût si nécessaire.

Pourquoi des colonnes d’évacuation du radon?

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle qui provient de la terre et qui se trouve sous nos maisons. À l’extérieur, il se disperse sans danger dans l’atmosphère. À l’intérieur, toutefois, l’étanchéité des bâtiments modernes empêche sa dilution naturelle, ce qui lui permet d’atteindre des concentrations parfois très élevées et d’accroître le risque de cancer du poumon chez les personnes qui respirent cet air.

L’un des défis du contrôle du radon est qu’il est impossible de prédire avec exactitude, au moment de la construction, les concentrations futures dans une maison. Deux maisons voisines construites sur la même rue peuvent présenter des concentrations très différentes en raison de variations dans la conception du bâtiment, les caractéristiques des fondations, les différences de pression à l’intérieur et les habitudes des personnes qui y vivront.

Compte tenu de l’ampleur du problème dans presque toutes les collectivités canadiennes, et puisque les concentrations élevées ne peuvent souvent être décelées qu’une fois la maison construite et occupée, l’intégration d’infrastructures de réduction du radon pendant la construction constitue une solution pratique et économique.

L’adoption par les provinces pourrait prendre du temps

Le Code national du bâtiment 2025 est publié, mais les quatre provinces les plus peuplées doivent d’abord procéder à un examen et à une adoption à l’échelle provinciale avant qu’il puisse être mis en application. Les provinces qui possèdent leur propre code du bâtiment sont la Colombie-Britannique, l’Alberta, l’Ontario et le Québec. Dans certains cas, comme dans les autres provinces et territoires, des étapes d’examen supplémentaires s’ajoutent au palier municipal.

Les quatre provinces qui élaborent leur propre code du bâtiment le font à partir du Code national du bâtiment et y ajoutent souvent des modifications provinciales. Historiquement, le processus d’adoption provinciale a pris de quelques mois à cinq ans, ce qui signifie que les maisons construites en 2026, voire un peu après, ne seront pas toutes dotées d’un système d’atténuation du radon.

Pour les constructeurs, les promoteurs et les futurs propriétaires, il importe de comprendre que les échéanciers de mise en œuvre varieront d’une région à l’autre du Canada, particulièrement en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario et au Québec. Le public doit aussi s’attendre à ce que l’industrie de la construction ait besoin d’un certain temps pour former sa main-d’œuvre afin d’appliquer les nouvelles mesures correctement et efficacement.

Des progrès en prévention, mais le dépistage demeure essentiel

L’introduction des colonnes verticales passives d’évacuation du radon constitue l’une des avancées les plus importantes des dernières années dans la politique canadienne de prévention du radon. En intégrant des mesures de réduction directement à la construction des maisons neuves, le CNB 2025 contribue à réduire les coûts d’atténuation futurs tout en améliorant la santé publique à long terme.

 

Comme il s’agit d’une nouvelle pratique de construction qui devra être évaluée au fil du temps, le dépistage du radon restera important pour vérifier que les colonnes passives fonctionnent comme prévu. Il reste par ailleurs des millions de maisons canadiennes construites avant l’entrée en vigueur de ces exigences. Qu’une maison soit neuve ou vieille de plusieurs décennies, la seule façon de connaître sa concentration de radon est de réaliser un test de longue durée.

Le Code national du bâtiment 2025 représente un pas important vers des habitations plus saines partout au Canada. Mais la prévention du cancer du poumon causé par le radon continuera de reposer sur des propriétaires informés, qui testent leur maison et qui prennent des mesures pour réduire les concentrations élevées lorsque c’est nécessaire.